Les défis qui se posent à l’industrie canadienne des fruits et légumes, particulièrement sur le marché nord américain, deviennent de plus en plus complexes et exigeants. Pour demeurer concurrentiel, ce secteur doit trouver une meilleure façon d’élaborer et de mettre en œuvre des pratiques commerciales améliorées. La Fresh Produce Alliance (FPA), ou l’Alliance pour les fruits et les légumes frais (AFLF), a été créée pour établir et regrouper les questions multilatérales de nature intersectorielle, valider des solutions potentielles et favoriser les mesures nécessaires à l’apport d’un changement. À ce titre, la FPA regroupe l’Association canadienne de la distribution de fruits et légumes (ACDF), le Conseil canadien de l’horticulture (CCH) et la Corporation de règlement des différends dans les fruits et légumes (DRC), qui collaborent à l’établissement d’un meilleur contexte commercial pour l’industrie des fruits et légumes frais

Du point de vue du public, l’industrie doit absolument gérer ses activités selon un cadre stratégique qui appuie l’adoption de pratiques commerciales honnêtes et équitables dans des marchés de plus en plus concurrentiels. Cette initiative, en retour, favorise la conception de nouvelles pratiques commerciales qui soutiennent l’expansion du commerce ainsi que la prospérité continue du secteur tout entier. Inversement, l’application de toute pratique commerciale non équitable dans un marché axé sur des produits très périssables brise la confiance des consommateurs en l’industrie en plus de détériorer l’image commerciale du Canada.

La commercialisation des fruits et légumes frais est diversifiée. On estime qu’il existe plus de 400 variétés différentes de fruits et légumes frais vendus sur le marché canadien. La régularité de l’approvisionnement et la qualité représentent des défis constants pour la chaîne de valeur des fruits et légumes frais du Canada, en raison de la périssabilité importante de ces produits, de la diversité des approvisionnements ainsi que de l’approche fragmentaire préconisée pour la commercialisation. L’application et l’utilisation de normes liées à la qualité et à la commercialisation des produits, de même que l’exécution de ces normes par le biais d’inspections et d’autres services connexes, constituent et continueront d’être des éléments importants de la commercialisation des fruits et légumes frais du Canada sur le marché nord-américain. L’importance sans cesse croissante de ces questions est devenue plus manifeste au cours de la dernière décennie, qui a été caractérisée par des modifications et des transitions réglementaires.

Le marché nord-américain est confronté à d’autres changements et à de nouveaux défis, ce qui signifie que les réussites à venir seront déterminées par l’établissement d’un partenariat solide entre les secteurs public et privé canadiens. Les systèmes gouvernementaux de réglementation et de services devront aussi appuyer des initiatives dirigées par l’industrie

Les défis qui se posent à l’industrie et au gouvernement comprennent :

  •  l’élaboration d’un cadre stratégique appuyant des pratiques commerciales honnêtes et équitables;

  • l’accroissement de la viabilité économique des entreprises canadiennes honnêtes ainsi que de l’autonomie de l’industrie;

  • l’atténuation des risques pour les entreprises et le marché;

  • la promotion de la réputation du Canada à l’échelon national et international;

  • le respect des obligations commerciales internationales du Canada;

  • le maintien d’une réciprocité avec la PACA du département de l’Agriculture (USDA);

  • le renforcement des partenariats entre l’industrie et le gouvernement;

  • la conservation de catégories, de normes applicables au commerce ainsi que d’un cadre solide de réglementation à des fins d’exécution;

  • le renforcement des dispositions sur l’attribution de permis, des mécanismes de règlement des différends et des services d’inspection;

  • la gestion des coûts et des droits d’exploitation propres aux services gouvernementaux.

 

Les activités de recherche et de consultation effectuées au cours des trois dernières années par l’industrie, avec l’appui du gouvernement, ont permis d’établir cinq initiatives principales. Ces initiatives représentent des éléments essentiels en vue de l’établissement d’un contexte commercial plus positif pour le secteur canadien des fruits et légumes frais. Voici ces initiatives :

  1. Amélioration de l’inspection des produits à destination;

  2. . Modification du Règlement sur la délivrance de permis et l’arbitrage;

  3. Prévention de pratiques frauduleuses (dont les faillites et les insolvabilités);

  4. Établissement de dispositions canadiennes de fiducie;

  5. Normalisation des catégories et des procédures.

Le gouvernement et l’industrie ont déjà collaboré de manière ponctuelle à la conception d’un contexte commercial honnête et équitable (entre autres, sur le plan de la réglementation) pour les fruits et légumes frais. Des circonstances récentes ont toutefois occasionné une plus grande urgence d’aller rapidement de l’avant dans l’atteinte des objectifs de ces cinq initiatives. Ces questions sont pertinentes à la réussite et à la viabilité soutenues de l’industrie canadienne des fruits et légumes, de même qu’à la capacité du Canada de conserver un contexte commercial honnête à l’intérieur de ses frontières et avec ses partenaires commerciaux. Encore là, la réussite dans ces secteurs servira d’ancrage solide à l’industrie, assurant son succès pour les prochaines décennies. 

Il est essentiel de prendre des mesures additionnelles dans ces secteurs pour favoriser la stabilité du marché nord-américain des fruits et légumes frais, où les Canadiens doivent être en mesure de concurrencer sur un pied d’égalité les exploitants agricoles, les transformateurs de fruits et légumes frais coupés et les négociants du monde entier, particulièrement ceux des États-Unis et du Mexique.

Lors de conventions tenues récemment par l’Association canadienne de la distribution de fruits et légumes et le Conseil canadien de l’horticulture, l’industrie a apporté son soutien à la recherche de solutions dans ces secteurs, ce qu’elle estime être une priorité. La Corporation de règlement des différends dans les fruits et légumes est également tout à fait favorable à la mise en place des cinq initiatives : pour elle, le changement dans ces secteurs se traduit par un renforcement du marché canadien. Ces initiatives sont considérées comme des éléments essentiels au maintien et au renforcement du rôle crédible du Canada dans l’esprit de l’ALENA sur le marché nord-américain.

L’industrie des fruits et légumes frais doit examiner collectivement les défis qui se posent à elle, et le faire en partenariat avec le gouvernement, de sorte qu’elle puisse jouir d’un meilleur contexte commercial. Les cinq initiatives clés, comme elles sont décrites en détail dans le tableau ci-dessous, se rattachent l’une à l’autre et se complètent. Aussi, elles nécessitent une collaboration entre l’industrie et le gouvernement.

 

Les réussites à venir seront déterminées par l’établissement d’un partenariat solide entre les secteurs public et privé canadiens. Les systèmes gouvernementaux de politiques, de réglementation et de services devront aussi appuyer des initiatives dirigées par l’industrie.

L’adoption d’une approche axée sur le portefeuille de l’agriculture est nécessaire pour faciliter la modification de politiques et de programmes et, par conséquent, pour appuyer les pratiques commerciales honnêtes et équitables en vue du commerce de fruits et légumes frais sur le marché nord-américain. La table ronde sur la chaîne de valeur de l’horticulture, dirigée par l’industrie, donnera à celle-ci et au gouvernement l’occasion unique de dialoguer. Elle deviendra également le point de référence pour les discussions à venir et la validation des changements fondamentaux nécessaires.

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